Créons des ponts !

Créons des ponts !

Demain l’Île-des-Sœurs est un projet collectif d’agriculture urbaine dans l’arrondissement de Verdun, quartier Île-des-Soeurs, rassemblant les citoyens et favorisant les échanges entre les générations.

L’initiative est née en 2017 après que deux des chefs bénévoles et fondatrices du projet, Louise Poulin et Ginette Petit, aient visionné le documentaire français Demain de Cyril Dion et Mélanie Laurent et aient décidé d’organiser un panel à La Station, Maison des générations. Parmi les invités et les conférenciers figuraient la distributrice du documentaire, des élus et des citoyens.

La mobilisation citoyenne

La mobilisation citoyenne s’est faite en allant de porte à porte pour rencontrer les voisins et le projet a pu compter sur une petite enveloppe budgétaire de départ de la part de la députée du comté, Isabelle Melançon. Cette somme a permis de se procurer des outils de jardinage, de la terre et des petites affiches d’identification et un commanditaire a financé leur banderole. Enfin, l’arrondissement a fourni les grands bacs et a dédié deux lieux pour les plantations : près du Centre Edgar et dans le quartier Pointe-Nord.

L’idée était inspirée de Todmorden en Angleterre où les habitants sèment des légumes dans les rues pour redonner à la communauté en vue d’atteindre l’autosuffisance alimentaire.

Comment ça se déroule

Aujourd’hui, 29 juillet, avait lieu la journée de plantation 2019 de Demain L’Île-des-Sœurs. Chaque année, les trois chefs bénévoles assignent des semaines d’entretien (arrosage, désherbage) à l’ensemble des bénévoles du collectif après cette journée de plantation. Lorsque les plants arrivent à maturité, des affichettes sont installées pour inciter les gens à se servir.

Initialement, deux projets avaient été lancés : celui de la Pointe-Nord et celui du centre de l’île.

La participation citoyenne

Le projet de la Pointe-Nord n’a malheureusement pas suscité l’engouement citoyen espéré. L’une des hypothèses est que le quartier est relativement nouveau et qu’il n’y a pas encore de sentiment d’appartenance.

Le projet au centre de l’île, par contre, est toujours actif et ses fondatrices travaillent fort pour le faire rayonner, d’où l’objectif de ma présence aujourd’hui. L’île-des-Sœurs fait partie de l’arrondissement de Verdun et je crois bénéfique d’échanger sur nos bons et moins bons coups pour réussir à mobiliser davantage nos communautés respectives pour accompagner la transition écologique.

Encourager l’initiative citoyenne

Pour reprendre les mots d’Hugo Steben de la Maison del’innovation sociale qui continue de me coatcher à distance, j’aimerais que Demain Verdun parvienne à faire ‘’rayonner et à inviter les gens qui souhaitent emboîter le pas à se manifester, simplement !’’

Ne doutez jamais qu’un petit groupe de citoyens engagés et réfléchis puisse changer le monde. En réalité, cela se passe toujours de cette manière.” – Margaret Mead

À l’Île-des-Sœurs, Louise Poulin fait partie de ces citoyens engagés. Elle-même dit carburer à l’implication citoyenne.

Nourrir le corps et le coeur

Derrière le projet d’agriculture urbaine, ce n’est pas seulement un désir de nourrir une communauté qui habite ses fondatrices, c’est aussi un désir d’intégration linguistique, de rapprochement des cultures.

Ce secteur de l’île accueille de nombreux réfugiés et plusieurs communautés issues de la diversité culturelle, une clientèle souvent plus défavorisée.

Ces personnes fréquentent le centre Edgar et la Place de l’Unité et trois religions se côtoient régulièrement : catholique, musulmane et juive hassidique.

Leurs enfants sont inscrits à des camps de jours et apprennent le français tout en ayant un contact privilégié avec la nature. En effet, une journée par semaine de ces camps est animée par La Maison de l’environnement de Verdun et des ateliers sur des thématiques environnementales telles que les pollinisateurs ou les hôtels à insectes leur sont offerts.

Appel à d’autres initiatives au sein du collectif

Lorsque j’ai demandé si Demain l’Île-des-Sœurs était prêt à accueillir d’autres initiatives citoyennes pour se greffer au collectif, Louise m’a dit que cela leur ferait très plaisir et que le collectif pourrait prendre en charge certaines responsabilités pour guider les citoyens désireux de se mobiliser.

Louise et moi avons parlé de l’importance d’organiser des événements rassembleurs comme des pique-nique potlucks citoyens pour amener différents publics cibles à s’intéresser aux nouvelles initiatives comme le sont nos mouvements citoyens de transition écologique. Partager de la nourriture et faire connaître des plats typiques, dans le cas de ce secteur de l’Île-des-Soeurs, en particulier, deviendrait un beau prétexte d’inclusion.

Nous avons aussi discuté de la valeur ajoutée de profiter d’événements déjà bien établis dans la communauté, tels que La Fête des voisins qui a lieu en juin, à chaque année, pour se faire connaître et amener les gens à nous faire confiance, à nous donner de la crédibilité.

Les épreuves qui rendent les mouvements citoyens plus forts

Enfin, Louise m’a fait réfléchir sur la notion d’intention. Faire du bénévolat implique forcément de faire face à certaines épreuves, malgré des vœux pieux de mouvement positif et constructif, et qu’il est inévitable de se confronter à des divergences d’opinion, puisque ce sont des humains qui composent les organisations.

Néanmoins, elle dit que, lorsqu’on garde en tête l’intention de la cause pour laquelle on s’implique, le canal reste ouvert et cela permet le partage, l’entraide et la compassion… et le mouvement n’en devient que plus fort !

Emmanuelle Falaise

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